Le cercle vertueux d’Asante Mama pour l’Ouganda

Asante Mama est une véritable histoire d’engagement personnel et de passion, celle de Pamela Anyoti Peronaci.

Non seulement elle « sauve » de la pauvreté les ruraux ougandais en leur offrant un travail, mais elle veille en plus à la santé des consommateurs via des tisanes, épices et cacao bio aux vertus étonnantes…

Pamela Anyoti Peronaci, vous êtes née en Ouganda et êtes arrivée en Europe après votre mariage. Comment cette idée de lancer Asante Mama est-elle née ?

Alors que je me rendais chez ma mère en Ouganda, j’ai rencontré une maman qui regardait sa fille de 5 ans mourir de malnutrition car elle n’avait pas les moyens de la soigner.

En lui donnant 10 dollars, elle a pu être sauvée. Je me suis alors dit qu’il m’appartenait d’en faire plus pour les miens… Et les choses se sont mises en place progressivement…

Comment avez-vous démarré ?
J’ai d’abord lancé une asbl afin de récolter des fonds pour construire des écoles, financer des pompes à eau, des panneaux solaires, des bibliothèques, mais aussi distribuer des moustiquaires aux écoles que nous soutenons pour éradiquer la malaria…

Mais je me suis rapidement rendu compte que le plus important était de donner du travail aux parents, afin qu’ils puissent survivre et s’occuper eux-mêmes de leurs enfants. Or, ils avaient des terrains riches et pouvaient les exploiter… J’ai alors créé une entreprise sociale agricole en 2007.

Comme j’avais travaillé à la FAO à Rome (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), j’avais l’expérience nécessaire pour mettre en place une filière permettant aux fermiers de commercialiser leurs produits.

Quel était votre but premier ?

Sortir les ruraux ougandais de l’extrême pauvreté. Mon objectif était d’accroître la productivité de l’agriculture afin de créer des emplois et des revenus de manière durable.

Tout cela via une agriculture biologique éthique, innovante et durable.

Quelles denrées alimentaires souhaitiez-vous privilégier ?

J’ai commencé avec un projet pilote de piments. Les premières importations ont commencé en Angleterre, qui m’en commandait au départ 900 kg.

Aujourd’hui, les piments sont également importés dans d’autres pays, dont la Belgique, et nous délivrons 70 000 kg/an au total.

J’ai ensuite introduit d’autres produits comme le cacao et les tisanes…

Ils sont aujourd’hui proposés aux États-Unis, en Angleterre et, depuis peu, en Belgique (dans une quarantaine de points de vente bio).

 

Êtes-vous régulièrement sur le terrain ?

Oui, chaque année, je sillonne la campagne ougandaise pour encourager les agriculteurs à produire les meilleurs fruits, cacao, herbes et épices qui font la renommée de la société.

Quand je suis dans les champs, les agriculteurs me disent toujours « Asante Mama », qui signifie « Merci maman » en swahili. C’est comme ça que la marque est née.

Les agriculteurs sont-ils formés ?

Oui, tout à fait ! Nous les formons aux bonnes pratiques agricoles en commençant par la sélection des semences et la préparation du sol, sans oublier la gestion des pépinières, la production végétale, les méthodes de récolte et la gestion après récolte.

Pour maintenir la qualité, il faut que les agriculteurs soient bien formés.

Nous signons avec eux des contrats qui garantissent qu’ils produiront la qualité souhaitée, et que nous leur rachèterons tous les produits. De cette façon, nous leur garantissons des revenus durables.

Quels changements cette activité a-t-elle induits chez les Ougandais ?

180 personnes travaillent directement pour l’entreprise, et 11 000 agriculteurs produisent pour nous. Désormais, les femmes gagnent aussi de l’argent, qu’elles investissent en grande partie dans la famille, les soins de santé et sanitaires, bref ce qui est profitable à toute la communauté.

J’entends aussi de petites anecdotes qui font chaud au cœur, comme ce monsieur de 55 ans qui a pu s’offrir un matelas pour la première fois, ou cette femme si fière d’avoir pu s’acheter un canapé… La vie des Ougandais est complètement métamorphosée…


Chez nous aussi, cette entreprise est profitable…

Oui, en effet, l’objectif d’Asante Mama est de faire du bien à tous. Les produits que nous proposons sont bio et bénéfiques à la santé car ils sont nutritifs, antioxydants…

Le curcuma, par exemple, est un anti-inflammatoire naturel, tandis que la tisane de Moringa, que l’on appelle aussi
« plante miracle » est la seule à posséder 92 propriétés. Elle se compose notamment de 46 antioxydants différents, de sels minéraux, de tous les types de vitamines D, d’acides aminés…

L’OMS recommande de l’utiliser pour traiter la malnutrition chez les enfants… La tisane de fleur de papaye est, elle aussi, très performante grâce à son enzyme favorisant la digestion.

Nous menons actuellement une collaboration avec l’université du Kentucky afin de mesurer ses propriétés anti-cancer… Nous proposons en outre du cacao cru (bourré d’antioxydants, de magnésium, d’oligo-éléments…) enrobé de chocolat noir ou au lait.

Avez-vous encore des projets ?

Oui, je suis en train de démarrer un projet d’irrigation des cultures en Ouganda. En effet, le climat est en train de changer et la pluie se fait de plus en plus rare.

Ce phénomène climatique influe sur la production. Il est donc grand temps de mettre un programme en place…

Nous sommes en tous cas heureux d’avoir décroché, en 2017 aux États-Unis, le prix « Eco Excellence Awards » comme « Most Socially Sustainable Brand » (littéralement « la marque la plus sociale et durable »).


Informations

0475 80 05 74
www.asantemama.com
KENZY – 0486 73 53 75
kenzy.int.t@skynet.be

Virginie Stassen

Virginie Stassen

"Journaliste depuis vingt ans, j’aime jouer avec les mots comme certains manipulent la terre glaise, donner du rythme aux lettres, du piquant aux phrases, de la saveur aux pages… Lorsque le contenu rejoint mon autre passion (le bien-être au naturel et le développement personnel), mes doigts galopent de bonheur sur le clavier. Le Bioinfo, que j’ai rejoint il y a quelques années déjà, m’offre ce privilège à travers son tandem de choc, Fanny et Naceur, que je remercie au passage. Chaque rencontre, toujours riche de sens, me voit sortir grandie."